La poudrerie et ses camps ont accueilli, de 1938 à 2014, une succession de populations aux parcours très différents (républicains espagnols, juifs étrangers internés, prisonniers internés, rapatriés d’Indochine). À travers elles, c’est une histoire locale qui résonne avec les grands conflits et mouvements migratoires du XXe siècle.

Un territoire marqué par la guerre et les exils

Les premières occupations

Républicains espagnols
1938–1940

Réfugiés de la guerre civile, plusieurs milliers d’Espagnols sont regroupés en groupes de travailleurs et employés à la construction des bâtiments de la poudrerie et des cantonnements, puis à leur démantèlement.

Populations de l’exode
1940

Civils évacués du Nord de la France et de Belgique trouvent refuge, pour quelques semaines, dans les baraquements.

Juifs étrangers internés
1942–1943

Au « camp de la gare » à Casseneuil, plusieurs centaines de juifs originaires de différents pays d’Europe centrale et orientale sont internés avant leur transfert vers Drancy puis les camps d’extermination.

Chantiers de jeunesse
1941–1944

Le groupe 36 « Montcalm » des Chantiers de la jeunesse française occupe le camp ; certains de ces jeunes rejoindront ensuite la Résistance.

Du temps des prisonniers à celui des rapatriés

Les bâtiments militaires, témoins des différentes occupations du site…

Prisonniers de guerre
1945

Au camp de Casseneuil, environ 700 prisonniers soviétiques, dont des Ukrainiens, sont internés en attente de leur retour vers l’Union soviétique.

Militaires et travailleurs coloniaux
1943–1948

Tirailleurs indochinois, tunisiens, marocains, sénégalais et travailleurs coloniaux séjournent dans les camps, dans un contexte de guerre et de montée des revendications indépendantistes.

Élèves de l’armée de l’air
1945–1947

Les centres d’instruction de l’armée de l’air s’installent à Bias, Sainte-Livrade et Casseneuil, accueillant des promotions de jeunes engagés.

Rapatriés d’Indochine
1956–2010

Les bâtiments deviennent le CARI puis le CAFI, centre d’accueil pour les familles rapatriées d’Indochine. Pensés comme provisoires, ces logements deviendront pour beaucoup un lieu de vie sur plusieurs décennies.

Rapatriés d’Algérie (harkis)
1963–années 1970

À Bias, un centre accueille des familles harkies avant la construction de logements sociaux.

Vers un lieu de mémoire partagé

La conservation de quelques baraquements au camp du Moulin-du-Lot de Sainte-Livrade offre aujourd’hui un support concret pour raconter ces trajectoires croisées. Le projet porté par Poudre de Vies vise à en faire un espace muséographique et un centre de ressources, où l’on pourra croiser archives, témoignages, travaux scientifiques et mémoires familiales.

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